• Paris, 14 Novembre 2003 - Le Premier Matin Sans (5)

    Cher Anerik,

     

    Je me réveille ce matin sans vos mots. J’ai dormi avec mon téléphone pour ne rien rater, espérant naïvement  un signe de vous, en forme de message subliminal ou de sms clandestin. Mon café clope sur le balcon, seule. Et puis la journée qui continue. Une journée ponctuée de petits sursauts quand un mail arrive, jamais de vous bien sûr. Quand mon téléphone chante un message, toujours des autres. Jamais de vous, non. Et au fil des heures, l’émotion qui finit par se tasser, pour grandir à nouveau quand le soleil se couche. Encore une soirée sans vous, la dernière avant la prochaine qui arrivera bien trop vite…

    Et soudain, juste à l’heure de mon apéro, une photo apparaît sur le réseau. Un verre de vin rouge, comme mes joues que vous me dites aimer comme ça. J’ai envie de croire que c’est un message subliminal mais je sais bien que mon cœur s’emporte…. Je regarde cette photo en essayant de vous voler un bout de votre week-end. De deviner ce que vous faites. Ce que vous pensez. Si vous pensez à….

    Et puis j’ai peur aussi. Tout d’un coup, comme ça. C’est la première fois que vous la retrouvez depuis nous, alors j’ai peur que vous fassiez  machine arrière. Que vous regrettiez ce qu’on s’est dit et que vous jugiez que cette passion n’ait pas lieu d’être.  Je panique un peu, emportée par ce tsunami émotionnel. Voyez donc ce que vous me faites.  Vous me faites écrire, ces mots que je ne peux pas vous dire, ces mots qui coulent hors de moi comme je me viderais de mon sang. Rien n’arrête le flot. Tout me ramène à vous.  Mes pantoufles, censées réchauffer mes pieds. Ma tisane qui tente, tant bien que mal, de réchauffer mes mains qui restent glacées depuis que vous êtes parti. Même cette soirée, qui avance doucement. La télé qui s’allume et le coup au cœur : cette chanteuse que vous aimez tant est dans mon écran ce soir. Toute l’histoire de ma vie, ce genre de coïncidences… Mon cœur s’emballe, vous revenez dans mes pensées jusque par ma télévision. Je ne peux donc échapper à rien. Je ne peux m’empêcher de la regarder, de chercher les similitudes entre nous…. Je comprends, un peu,  loin de me trouver aussi jolie qu’elle malgré tout.

     

    Et puis la nuit avance, et son milieu déboule. Son milieu si calme, si tranquille, qui fait enfler le manque. Le manque de vous. Le manque de votre présence, de votre désir de moi qui me fait sentir si jolie. Qui me fait sentir si femme. Je caresse instinctivement ma peau, et m’empêche de penser que j’aimerais tant vous la faire découvrir…. Ce sentiment effrayant me fait frémir et fait monter le désir au creux de mon ventre…  Autour de moi tout est sombre et silencieux, j’hésite à laisser ma main se perdre en pensant à vous…  Et je finis par sombrer dans le sommeil, épuisée par les tremblements de mon corps.

     

    To Be Continued...

     

    Pour suivre l'intégralité des correspondances : http://lafraise.eklablog.com/mlle-butterfly-c24555504

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