• Paris, 15 Novembre 2003 - Dernière Journée Avant Le Retour (6)

    Cher Anerik,

     

    Nous sommes dimanche matin et j’ouvre les yeux sur ma dernière journée sans vous. J’ai peu dormi, il est extrêmement tôt mais je me lève quand même, parce que la boule de feu dans mon ventre m’empêche de dormir. J’ai besoin de continuer à vous écrire. Garder ce fil qui me lie à vous. Poser ces mots que je sais que vous lirez. J’ai l’impression, comme ça, que vous êtes un peu avec moi. Et puis au détour d’un réseau je sursaute, vous êtes là, de passage seulement pour un message qui ne m’est pas adressé mais c’est vous. Un bout de vous quand même qui fait revenir le rose à mes joues, et guetter l’heure pour vérifier si la journée avance bien. J'ai très envie d'un café-clope matinal sur mon balcon, trop matinal pour un dimanche, mais sans nos échanges tout ça perd de son piquant. J’ai tellement besoin d’entendre votre voix. En parlant de voix, tiens, j’ai chanté ce matin. J’ai chanté pour vous. Parce que je sais que vous aimez et que pour vous aussi la musique compte tant. Mais oh, une autre apparition vient de me sauter aux yeux…

    Vous avez profité de mon brunch dominical pour poster encore une photo de votre vie avec elle. J’observe, je remarque, je décrypte, j’imagine. J’attends votre retour de cette vie, il est déjà le début d’après-midi et finalement le temps passe assez vite. Si vite que la fin de journée est déjà là. Mon cœur bat légèrement plus fort, j’espère un signe de vous dès le départ de votre bateau. J’espère accompagner votre voyage, ramener votre cœur, sans doute serré, en douceur jusque chez vous. Poser mes yeux sur vos mots, poser mes mots sur vous. Depuis hier j’ai relu au moins cent fois les échanges que nous avons eu lors de votre voyage aller. J’en tremblais à chaque fois, avec toujours ce frisson glacé au creux des reins. Et ce flot de mots, toujours. C’est drôle, plus j’écris plus je me dis que chaque mot porté sur mon écran me rapproche de votre retour. Qu’à un moment donné je dirai « oui, je viens d’avoir votre message ». Ce moment me parait si proche et si lointain à la fois… Et puis j’ai froid à nouveau. La nuit tombe. Alors je vais m’arrêter là, en espérant ne pas reprendre ce flot de mots, trop occupée à vous répondre. En vrai.

     

    Et vous êtes  là. Je souris comme une conne.

     

    To Be Continued

     

    Pour suivre l'intégralité des correspondances : http://lafraise.eklablog.com/mlle-butterfly-c24555504

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