• Paris, 30 Décembre 2003 - L'Autre (13)

    Cher Anerik,

     

    ...Maintenant vous savez tout. Coup de théâtre. Coup de foudre. Si je m’attendais à cela en allant à ce rendez vous… Au moment où j’ai croisé ses yeux j’ai su. J’ai su que j’allais succomber. Une sorte d’évidence. Je vous écris à nouveau seulement aujourd'hui, j'ai eu besoin de digérer ce coup de fil où je vous ai tout dit, besoin de tenter d'y voir clair dans tout ça. Je commence à penser qu’avec vous j’ai peut-être un peu trop mélangé amitié sexuelle et amour. Pas vous. Vous saviez où vous en étiez. Mais j'ai remarqué tout de même que, pour la première fois depuis que vous vous absentez, vous m’avez envoyé des messages. Elle n'était pas là, certes, mais vous ne l'aviez jamais fait auparavant. Ce fut assez étrange, à un moment où je n'étais moi même pas disponible...

    Et puis j'ai aussi eu besoin de digérer ce qui m'est arrivé. Parce que cette fois je pense que je peux parler d'amour. Véritable. Je reviens donc sur ma rencontre avec Lui, j'ai tant besoin de vous en dire plus...

    Nous avons passé deux jours ensemble. Je n'ai pris aucun risque du côté de ma famille et si je l'ai fait c'est parce que je pouvais. Ce fut une parenthèse enchantée. Merveilleuse. Il m'apporte tout ce dont je ne manquais pas, curieusement. Nous avons tant de points communs que c'en est effrayant. Parfois j'en viens presque à me demander s’il n’a pas organisé tout ça après m'avoir espionnée pendant des années... Et malgré tout  je ne voudrais pas quitter ce que j'ai. Je n'ai aucune envie de partager un quotidien avec Lui. Nos escapades, s'il peut y en avoir d'autres, seront et devront rester magiques comme celle-ci l'a été.

     Notre complicité a été immédiate, et tout me paraît naturel avec Lui. Même le contact de sa peau. Comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Une impression de se reconnaître. Evidence. Bien-être. Trouble aussi beaucoup vous vous en doutez, c'est la première fois que je franchis le pas... Mais quand je suis avec Lui j'ai envie de tout lui donner. J'oublie tout le reste et ça me fait un bien fou. Il est intéressant, intelligent, touchant, et tellement généreux avec moi. Il me chérit à un point non pas inimaginable, mon mari est comme ça aussi. Juste... Autrement. Il est le double de lui quelque part. Le même en différent. Cette relation, malgré nos airs d'adolescents attardés quand on se retrouve, est tellement mâture. Adulte. Le fait que l'on soit des inconnus -ou presque- l'un pour l'autre désinhibe aussi beaucoup et fait tomber certaines barrières. Je prie chaque jour pour que ma vie reste ainsi : l'amour de ma famille au quotidien, et mes escapades enchantées de l'autre. Comme l'équilibre d'une balance.  J'ai eu un peu de mal bien sûr quand je suis rentrée chez moi. Un malaise, léger, mais qui à mon soulagement a disparu au fil des heures et a laissé place à mon envie de chérir mon mari à mon tour. De manière inattendue mon couple revit, si tant est qu'il en avait besoin. En tout cas cela ne va pas moins bien, au contraire, et c'est ce qui me pousse à me dire qu'il faut que je profite du bon temps qui m'est offert. La vie est courte. Croquons-la à pleines dents. Reste un fond de culpabilité.... Parce que l'escapade est fraîche. Mais la distance faisant qu'on ne pourra pas se voir souvent, ça m'aidera. Sûrement. Sans doute.

     

    To Be Continued...

     

    Pour suivre l'intégralité des correspondances : http://lafraise.eklablog.com/mlle-butterfly-c24555504

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