• "Salut, ça va ?"

    « Salut, ça va ? T'as passé un bon week-end ? »

    Que répondre après ça ? Que penser d’un « oui », d’un « non » ? Dire oui si c’est non, parce que nos petits tracas font bien pâle figure face aux évènements ? Dire non même si c’est oui pour montrer qu’on compatit ? Que dire après ça ?

    Comment vivre avec sa vie après ça ? Comment ne pas culpabiliser qu’un tel évènement n’arrive pas à balayer nos soucis quotidiens ? Comment ne pas avoir envie d’en finir parce que déjà que sa propre vie est un beau merdier, si en plus le monde en face ne laisse que peu d’espoir de sourire alors à quoi bon…

    Que penser de l’agacement ressenti à propos des discussions sur le sujet autour de la machine à café ? Comment ne pas culpabiliser de penser qu’ils devraient tous fermer leur gueule au lieu de dire des conneries ? Comment ne pas se retenir de les envoyer chier alors que c’est comme ça que beaucoup expient leurs angoissent, leurs peurs, leur chagrin…

    Comment vivre après ça, en  plein Marseille notamment, où l’on croise parfois presque plus de gens d’origine maghrébine qu’au Maghreb (ironie) ? Comment ne pas avoir peur, comment éviter l’amalgame, comment assumer cette peur sans qu’elle soit interprétée justement comme un amalgame et ne blesse des innocents ?

    Comment ne pas froncer les sourcils quand une colonie de sirènes, police ou pompiers, retentit soudain dehors ? Comment s’empêcher d’aller voir à la fenêtre, comment éviter la recherche Google dans l’heure qui suit, comment ne pas trembler même à 850 kms des lieux visés ?

     

    Comment. Pourquoi.  

    Parce que les enfants, parce que les larmes, parce que les bougies. Parce que les gens, ensemble, envers et contre tout. Parce que malgré le désespoir, la fatigue et le ras-le-bol, il ne faut pas les laisser gagner. Parce que ce monde est pourri, mais que ce n’est pas une raison. Parce que tant qu’il y aura une âme, même une seule sur cette terre, qui ne comprend pas ces actes, il faudra rester debout. Sur ses deux jambes, ses béquilles, ses talons de douze, ses prothèses, appuyé sur l’épaule de l’autre à côté, mais rester debout. La tête haute. La tête haute et le regard franc, la conscience de la mort dans un coin du cerveau, le cœur gonflé de désespoir enragé. « Soldats » éphémères ( <- c’est l’espoir qui m’a dit d’employer ce mot), notre vie devient un champ de bataille. Notre quotidien un combat de fierté, la fraternité, la solidarité et la tolérance nos armes éternelles.

    «Au nom de quoi ? » a écrit quelqu’un sur une vitrine criblée de balles. On ne saura jamais au nom de quoi on peut tuer des innocents, mais on saura toujours au nom de quoi on ne le fait pas.

     

      

    -Et si vous souhaitez suivre mes mots, il y a la newsletter. N'hésitez pas-

    « Des Bouts de Moi-Qui était-ce ? »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :